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Les Eaux du Domaine de Versailles au 17ème siècle

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28 novembre 2011

Le pavillon des filtres à Versailles

Le pavillon des filtres édifié vers 1790 est un système permettant d'améliorer la qualité de l'eau provenant de la Seine et de la machine de Marly via un aqueduc souterrain, en s'épurant par gravitation au moyen de bains succéssifs avant d'être redirigée vers le réservoir de Picardie construit à cette occasion, puis être distribuée à la population en eau bonne à boire...

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Le pavillon

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Les bassins

Pour continuer la viste, ci-dessous le lien vers le site de l'association des riverains de l'Av des Etats-Unis à Versailles retraçant l'histoire du pavillon des filtres et du réseau hydraulique permettant la distribution en eau bonne à boire...

http://www.asrieupe.org/IMG/pdf/D-_Eau_a_Versailles_et_PF__Texte_Internet.pdf

 

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4 mai 2011

La machine de Marly

Son histoire

La ville de Versailles est alimentée en eaux potables par l’eau de la Seine que lui apporte la machine de Marly, restaurée en 1800, par les soins et aux frais de l'’empereur Napoléon III.
Mais telle n'était pas dans l’origine la destination de la machine de Marly. Louis XIV avait fait construire ce volumineux système de pompe « qui buvait l’'eau de la Seine, » comme on l'’a dit, dans le seul but d'apporter aux bassins de Marly et de Versailles les masses d'’eaux qui étaient nécessaires aux jeux hydrauliques, cascades et effets aquatiques semés avec profusion dans cette résidence royale. Au XVII siècle, sous le grand roi, on songeait peu aux besoins du public en eaux potables. Tandis que des masses d’eaux inondaient les parcs et les jardins de Versailles et de Marly, la ville proprement dite devait se contenter des eaux blanchâtres et impures de quelques étangs dans lesquels on avait rassemblé les eaux d'’infiltration des coteaux environnants. Ce n'’est que dans notre siècle que la machine de Marly, dûment restaurée, a été consacrée à fournir l'’eau de la Seine, tout à la fois à la ville de Versailles, pour son alimentation, et aux jardins des parcs de Versailles et de Marly, pour leur embellissement. Il n'est pas sans intérêt de connaître toute cette histoire.

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Vue d'ensemble de la machine vers 1715

On sait que Louis XIV ayant décidé, en 1662, de faire bâtir dans la forêt de Marly un château royal dans une des situatinns les-plus belles du monde, l’'architecte Mansard traça des jardins magnifiques, qui réunissaient tout ce que l'’imagination pouvait désirer. Exposition heureuse, vue ravissante verdure et perspective variée, tout se trouvait rassemblé dans cet Éden royal. Il n'’y manquait qu'’une chose : de' l’eau. Et comment se passed'eau dans ces jardins que l'’on voulait rendre féeriques ? Comment alimenter ces nombreuses cascades aux gerbes jaillissantes ? On vit alors éclore une foule de projets pour amener d’abondantes eaux sur les hauteurs de Versailles.
Le plus gigantesque de ces projets fut celui que proposa Paul Riquet, l'illustre créateur du canal du Midi. Riquet voulait amener la Loire à Versailles. Le simple aperçu de la hauteur du lit de la Loire au dessus du lit de la Seine, avait suggéré à Biquet ce projet, qui ne put résister à l’'examen qu'’en fit l’abbé Picard. Ce physicien reconnut que la Loire, qu’'il fallait prendre à la Charité, ne pourrait arriver A Versailles, parce que les plateaux de la Beauce n'’étaient pas à la hauteur nécessaire pour l’'établissement d’'un canal.

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Les roues qui permettaient d'envoyer l'eau aux pompes

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On songea alors à tirer parti des eaux souterraines fournies par les environs de Versailles. Près de Trappes et de Bois-d’'Arcy étaient deux dépressions plus élevées de 5 mètres et de 8 mètres que le réservoir de la Tour. On barra ces vallons, pour y arrêter et y accumuler les eaux fournies par les plateaux supérieurs dans leur cours naturel vers la Bièvre. De nombreux canaux furent creusés et permirent de diriger l’eau dans les nouveaux étangs.
En 1675 les eaux d'’infiltration remplissaient les étangs de Versailles. Toutefois, leur teinte blanchâtre les empêcha de servir aux usages domestiques. Et comme les eaux de source gui suffisaient au village et au château de Versailles étaient devenues inssuffisantes depuis que Versailles était devenue une ville, on recueillit et on amena dans la plaine toutes les eaux qui descendaient des collines situées au nord et à l’ouest de la nouvelle ville. Le produit des sources du nord fut dirigé vers Trianon et amené de là au château, tandis que les eaux de l'’ouest, c'’est-à-dire celles qui étaient recueillies à Saint-Cyr, furent reçues dans lebassin de Choisy,  pour alimenter la ménagerie. Mais le volume d’'eau ainsi rassemblé étail tout à fait insuffisant pour fournir aux énormes dépenses hydrauliques projetées.

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Louis XIV fit alors venir son architecte Mansard, et Colbert son ministre.
« La Seine est à une lieue d'’ici, au bas du coteau de Louveciennes, dit le roi ; faites lui escalader le coteau ; vous établirez là un réservoir et un aqueduc. Quant à la machine qui doit faire monter l’'eau de la Seine, demandez-la aux savants de France.
– Je m'adresserai demain aux savants de France, répondit Mansard," et l'eau montera jusqu’au ciel s’'il plaît à Votre Majesté. »
Un gentilhomme des environs de Liege, le baron de Ville s’était fait une grande réputation en Hollande en inventant une très-belle machine pour l'’élévation de l’'eau. Mansard fit venir à Versailles ce savant homme. Après avoir reconnu les bonnes qualités du système que le baron de Ville proposait pour élever l’'eau de la Seine jusqu'’au sommet du coteau de Louveciennes, il lui confia l'’exécution de cette machine.

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Le baron de Ville amena avec lui un charpentier de Liége, Rannequin Swalem, et il l’'attacha à la construction de la machine hydraulique. Rannejuin Swalem resta conducteur de la machine de Marly jusqu’'à sa mort.
Les avis sont parlagés sur la part relative de mannequin Swalem et du baron de Ville dans l’'exécution de ce grand tràvail, Bélidor, dans son Traité d’'architecture hydrauliqne publié en 1739, présente Rannequin comme le veritable inventeur ; mais les ecrivains contemporains ont écrit le contraire.
la machine exécutée par le baron de Ville et Rannequin, commença à fonctionner en 1682. Elle avait coùté plus de 8 millions, ce qui éguivaudrait à une somme triple aujourd’hui.

Vue_de_la_fameuse_Machine_de_Marly_1726
Le baron de Ville et Rannequin avaient pris une grande partie de l’'eau de la Seine pour l'’élever à Marly. Pour cela, ils avaient réuni, par un barrage commun, les diverses îles qui existent entre Bezons et Marly, et fermé ce bras par des vannes, vers son extrémité inférieure. Ils purent ainsi mettre en mouvement 14 roues d’'environ 12 mètres de diamètre, dont les arbres armés de manivelles faisaient mouvoir 211 pompes aspirantes et foulantes étagees sur le flanc du coteau. Les pompes inférieures, au nombre de 64, envoyaient les eaux par 5 conduites dans un premier réservoir situé à 50 mètres environ au-dessus de la Seine. Là elles étaient reprises par 79 autres pompes, qui les portaient dans un second réservoir situé à 50 mètres plus haut. De ce second réservoir, elles étaient élevées par une troisième série de 78 pompes, à 155 mètres au-dessus du niveau de la Seine. Là se trouvait une tour qui formait le point de départ de l’aqueduc de Marly et qui était à plus de 1200 mètres au-dessus de la rivière. c'était un véritable tour de force pour l’art mécanique du XVIII siècle.

vue_de_la_Machine_de_Marly_vers_1715

Les pompes des deux étages supérieurs recevaient le mouvement de l’'eau, au moyen de tringles disposées suivant la pente du coteau et reliées, par des boulons, à des supports oscillants, dit "varlets", fixés au sol.
En réunissant toutes les pompes que nous venons de mentionner, on trouve que le nombre total des pompes employées pour élever l’eau au sommet de l'’aqueduc de Marly, atteignait, comme nous l’'avons dit, le chiffre de 211.
Les eaux, ainsi élevées, se rendaient par l’'aqueduc, soit au château d’eau de Marly, soit à Versailles.

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Pour arriver à Versailles, elles suivaient l’'aqueduc dit de Marly qui existe encore. Cet aqueduc, qui a 6,200 mètres de longueur, sert aujourd’hui, comme au siècle dernier, à porter dans le réservoir de la butte de Picardie, les eaux des machines actuelles.
Cependant, le « monstre de Marly », comme on l’'appelait, ne put jamais fournir à Versailles qu'’un volume d'’eau assez restreint. C'’est que la force motrice de cet énorme assemblage était en très-grande partie absorbée par les frottements des balanciers et des bielles, qui transmettaient la force des roues aux pistons des deux étages de pompes échelonnées sur les flancs du coteau. On prétend que le volume élevé par les pompes était à l’origine de 5,000 mètres cubes d'’eau en vingt-quatre heures, mais il diminua rapidement par l'usure des pièces, et ayant perdu les 5/6 de sa puissance, il ne put suffire à tous les besoins auxquels on avait espére satisfaire.

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La machine de Marly etait une oeuvre gigantesque, mais ses grandes dimensions et la multiplicité de ses pièces mobiles entraînaient beaucoup d’'inconvénients et de désordres. Lorsque Bélidor écrivait son Traité d’'hydraulique, c’est-à-dire en 1739, la machine était dejà en partie épuisée, et les réparations coûtaient des sommes enormes. On chercha, mais en vain, à exciter le zèle des ingénieurs par des promesses, par des offres magnifiqnes, pour essayer de lui apporter des perfectionnements devenus indispensables. Mais on ne put réussir à remettre le monstre hydraulique en bon état.
Pendant pres d’'un siècle la machine de Marly fut abandonnée. Elle fut même un moment vendue, puis rachetée. Elle était finalement au moment d'’être demolie, lorsqu’en 1803, Napoléon 1er, s'’occupant de relever Versailles de ses ruines, porta son attention sur ce monument délabré. Il le trouva dans l’'état le plus déplorable. La machine de Marly n’'élevait plus que 240 mères cubes d'’eau par vingt-quatre heures.
Une commission nommee par le ministre pour examiner les moyens propres a améliorer la machine de Marly, proposa de la detruire et d’'établir de nouvelles pompes disposées de manière à élever d’'un seul jet 600 pouces d'’eau da la Seine à une hautenr de 83 mètres. On aurait employé une partie de cette eau à mettre en mouvement une seconde roue qui aurait éleve 50 pouces d’'eau jusque dans la cuvette de l'’aqueduc de Marly. C'était 'l’ancien système restauré.
Un arrêté des consuls ordonna la construction de cette nouvelle machine, qui fut mème adjugée. Mais son exécution fut abandonnée, à la suite d’'une proposition nouvelle qui démontra que l’'on pourrait resoudre le problème d’une manière plus satisfaisante. Un entrepreneur de charpente, nommé Brunet, proposa d'’élever les eaux d’'un seul jet, au sommet de la tour de Marly. C’est ce que l’'on n’avait jamais osé tenter jusque-là, parce que l'’on craignait la rupture des tuyaux.
Le projet de Bnunet ayant été approuvé, une des roues fut mise à sa disposition. ll monta sur un arbre de couche deux manivelles, au moyen desquelles il mit en mouvement quatre pompes aspirantes et foulantes. L’eau refoulée servait à comprimer de l’air dans un réservoir, afin d'obtenir un mouvement régulier d’ascension dans la conduite.

 

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Vue depuis le bras de la Seine

En septenibre 1804, la machine, ainsi disposée, fut mise en marche. Les eaux s’'éleverent d’'un seul jet jusqu'’à l’'aqueduc, et l’on constata que l'’on obtenait ainsi deux fois plus d’'eau qu’avec l'’ancien système.
Cependant le projet de Brunet ne fut pas exécuté dans son entier. On ne s’'occupa point à transformer de la même manière les treize autres roues. C'est que les frères Perrier, les constructeurs de la pompe à feu de Chaillot, s’'étaient presentés annonçant qu'ils elèveraient l’eau avec deux machines à vapeur.
Les travaux commencèrent sous la direction des frères Perrier, mais ils ne tardèrent pas à être abandonnés. Un autre système de machine à vapeur fut adopté. Sur le rapport d’une Commission composée d'ingénieurs et de membres de l'’institut, on arrêta définitivement le projet d'’une machine à vapeur très-différente de celle de Perrier.

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Cependant, comme l’'exécution de cette machine à vapeur demandait un temps assez considérable, et que l’'ancienne distribution devenait de plus en plus insuffisante, les constructeurs firent adapter à deux des anciennes roues des pompes disposées dans un système analogue à celui de Brunet. Ce système nouveau fut mis en marche pour la première fois en 1817, et il fonctionna jusqu’en 1858. Les deux roues de l’'ancienne machine suffisaient pour assurer le service, lorsque les eaux de la Seine se trouvaient à un niveau favorable pour la marche de ses roues. La machine à vapeur était mise en marche lorsque la machine hydraulique était arrêtée ou lorsqu’elle ne suffisait pas aux besoins de la consommation de la ville de Versailles. Cette machine a vapeur etait d'’un grand secours, puisqu’elle pouvait fournir à elle seule environ 1800 mètres cubes d’eau en vingt-quatre heures, c’est-à-dire près des deux cinquièmes du volume nécessaire, Seulement elle Consonsommait une telle quantité de combustible, qu’elle devenait ruineuse. Le prix de revient de l’'eau qu’elle fournissait n’était pas moindre de 23 centimes par mètre cube.

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L’'établissement d’'un moteur à vapeur à côté d'’une force hydraulique était évidemment une superfétation, une anomalie que l'’on ne comprenait pas, et qui ne s’'explique que par la circonstance tout à fait exceptionnelle du projet qui existait alors, de supprimer le barrage de la Seine, c’'est-à-dire d'’anéantir l’'usine hydraulique de Marly, que l’'on trouvait nuisible à la navigation.
Cependant ce barrage ne fut pas détruit, par suite de l’'établissement d’'un barrage mobile, qu'’exécuta en 1838 à Bezons, un des plus habiles et des plus savants ingénieurs de notre époque, M. Poirée, qui a rendu à le navigation de la Seine les plus grands services.
Ce barrage et les digues de Carrières, Chatou et Croissy, ainsi que l’'écluse de comunication établie entre les deux bras du fleuve, rendirent la navigation de la Seine complétement indépendante et permirent de laisser intacte la chute de la Seine creee sous Louis XIV, pour fournir la puissance motrice nécessaire à la machine hydraulique de Marly, qui fut ainsi sauvée de la destruction qui la menaçait.

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On pouvait alors songer à améliorer et à rendre utile la machine de Marly. L’'empereur Napoléon III eut la gloire de mener cette entreprise à bonne fin. Il chargea M. Dufrayer, directeur du service des eaux de Versailles, de rechercher les moyens de réparer la machine de Marly et de tirer un meilleur parti de la chute d’'eau. Divers projets furent successivement examinés, et sur l'avis d’une commission composée de savants et d'ingénieurs dont V. Regnault,membre de l'’Institut, était le rapporteur, Napoléon III décida, en 1854, l’'exécution de la machine qui fonctionne aujourd’hui pour elever l'’eau de la Seine à Versailles et à Marly.
Nous pourrons donner une description exacte de cette belle machine hydraulique d’'après la notice rédigée pour l’'Exposition universelle de 1867, par M. Dufrayer, directeur du service des eaux de Versailles et de Marly.
La nouvelle machine hydraulique est établie a peu près sur le même emplacement que l’'ancienne; seulement elle se compose de 6 roues au lieu des 14 roues de l’'ancienne machine. Malgré cette addition, la machine occupe beaucoup moins d'’étendue. Les quatorze roues de l'’ancienne machine ne donnaient pas, lorsqu’'elles se trouvaient dans le meilleur état, un rendemement égal à celui que donnent aujourd’hui les trois premières grandes roues qui ne dépensent pas la moitié de la force disponible.
Ces roues sont, en effet, exécutées dans d’excellentes conditions. Au lieu de fonctionner, comme les anciennes, par le simple courant de l’eau, elles sont emboîtées à leur partie supérieure dans un coursier circulaire.

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La machine avant 1817

Le bâtiment dans lequel se trouve tout le système, Contient six grandes roues, et par conséquent, six mécanismes semblables.
Chaque roue se compose de 64 aubes planes, formées de fortes planches en bois d’orme, assemblées entre elles et fixees par des équerres en fer, à deux rangées de couronnes concentriques, au nombre de quatre sur la largeur, qui opèrent la reunion de toutes les aubes. Elles sont en outre reliées à la circonférence extérieure et aux deux bouts par des boulons à écrous ; 32 aubes ont 4m,50 de longueur sur 3 mètres de largeur, tandis que les 32 autres n’ont, avec la même longueur, quo 2m,40 de largeur.
L’'arbre de transmission repose sur deux larges paliers fixés sur une plaque de fondation en fonte, solidement attachée au sol au moyen de boulons de scellement.
Les vannes, pour une largeur de roue aussi considérable, sont forcément d’un grand poids. Pour réduire ce poids autant que possible, tout en conservant la force de résistance nécessaire à l'effort qu’elles ont à supporter, ces vannes ont été exécutées en forte tôle avec des cloisons ou nervures. Pour les déplacer dans leurs guides latéraux inclinés, un mécanisme spécial est disposé sur le plancher au-dessus de chacune d’elles.

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Le mecanisme servant à la manceuvre des vannes est un treuil composé d’un bâti en fonte reuni par des entre-toises et muni d’un arbre à manivelle, sur lequel est fixé un pignon. Celui-ci engrène avec une roue calée sur un arbre intermédiaire supporté également par le bâti, et garni d’un pignon qui commande une roue dentée fixée sur un arbre.
Cet arbre est supporté par de petites consoles unies au bâti, et repose, par ses extrémités prolongées dans toute la longueur de la vanne, sur des petits supports fixés au sol. Deux pignons sont clavetés vers ses extrémités et engrènent avec des crémaillère attachées à la vanne, de telle sorte que, lorsqu’on agit sur la manivelle du treuil, on communique à cette vanne un mouvement ascensionnel ou descensionnel, suivant le sens de rotation, et cela très lentement, par suite des rapports qui existent entre les engrenages de la transmiision.
Pour éviter que des matières solides, èntraînees par le courant de la Seine, arrivent sous les roues, un large grillage de fer est placé en travers du canal d’arrivée.
Les pompes réalisent le meilleur emploi de la force du courant, et c’est là une des meilleures dispositions imaginées par M. Dufrayer, l’habile ingénieur à qui l’on doit la reconstruction de la machine que nous décrivons.
Chaque roue met en jeu quatre pompes horizontales à piston plongeur à simple effet. Ces pompes se composent chacune d’un cylindre en fonte, de 0m,45 de diamètre extérieur fixé dans un bâti de fonte.

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Ce dernier, formé de deux flasques fondues avec des nervures qui les relient entre elles, est boulonné solidement au sol et assemblé par de forts boulons avec la plaque de fondation sur laquelle est fixé le palier correspondant de l’arbre de la roue.
Le bâti de la pompe placée de l’autre côté, dans le mème axe, étant également relié à cette plaque, l’ensemble d’un double jeu de pompe se trouve ainsi solidaire, et présente par suite toute la solidité nécessaire.
Dans ce corps de pompe se meut un long piston creux en fonte, ajusté à frottement doux dans la presse-étoupe, serré par huit boulons et garni au fond d’une bague en bronze.
A la tête du piston est clavetée une chape dont les deux branches sont traversées par un petit arbre en fer forgé et tourné, garni à ses deux extrémités de longs coulisseaux en bronze, destinés à se mouvoir horizontalement dans les glissières en fonte boulonnées et clavetées sur le bâti même de la pompe, c’est une disposition analogue à celle qui est employée pour guider la tige du piston des machines à vapeur horizontales.
Le mouvement est communique directement aux pistons de quatre pompes à la fois, par l’arbre de chaque roue hydraulique, garni à cet effet, des deux côtés, en dehors des paliers qui les supportent, de deux fortes manivelles de 0,80 de rayon, calées à angle droit.

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Sur le bouton de chaque manivelle sont ajustées les têtes des deux bielles en fer forgé ; l’une de ces tètes est à fourche pour laisser place à la seconde. Ces bielles n’ont pas moins de 3,40 de longueur.
Le corps de pompe est fondu, du côté opposé au presse-étoupe, avec une sorte de boîte à deux tubulures perpendiculaires à son axe ; celle du dessus est fermée par un fort couvercle qui sert à visiter la pièce et, au besoin, à la réparer.
Quand le tuyau d’aspiration se remplit par l’afflux de l’eau, deux clapefs en bronze dont le piston est muni, descendent entièrement et s’appuient sur un siége en bois d'orme, qui assure l’herméticité de la fermeture. Alors deux autres clapets s’ouvrent pour laisser l’eau aspirée s’échapper par la conduite de refoulement.
Ces clapets sont en bronze, avec garniture en cuir, pour s’appliquer exactement et sans bruit sur leur siége en bronze, à face inclinée, à l’extrémité du corps de pompe.

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A la suite de la boîte munie des clapets de refoulement, est un robinet-vanne, qui permet au besoin, quand l’une des pompes
est en réparation, d’interrompre la communication de cette pompe avec les deux conduites collectives.
Les réservoirs d’air qui sont aujourd’hui adjoints à toutes pompes servant à l'élevation de l’eau, sont placés sur toute la longueur du bâtiment, près des murs, sous une galerie en fonte avec balustrades et candélabres, qui permet de circuler tout autour de la salle. Cette galerie communique avec un grand reservoir en fonte qui est place au bout de la salle, et s’elève jusqu’à la toiture. Une seconde galerie et un second réservoir à air existent symétriquement de l’autre côté de la salle. On sait que les réservoirs à air ont pour but de régulariser, par l’égalité de la pression qu’exerce l’air comprimé, le mouvement de l’eau dans la conduite ascensionnelle, et d’éviter ainsi les coups de belier qui se produisent dans certaines circonstances, par la fermeture instantanée des clapets des pompes.
L’air est entretenu dans les réservoirs d’air comprimé au moyen d’un petit appareil très simple, appliqué sur les couvercles des boîtes à clapet d’aspiration. Cet appareil se compose d’une petite cloche en fonte, montée sur un robinet en bronze, vissé sur le couvercle. La bride de ce robinet, sur laquelle repose la cloche, est percée de petits trous fermés par un disque en cuir, qui est maintenu au centre par une vis, afin que sa circonférence puisse se soulever sous la pression de l’air refoulé par le piston de la pompe. l’air est introduit dans le corps de pompe, à chaque aspiration du piston, par un petit tube placé sur le tuyau d’aspiration, et muni d’un robinet que l’on ferme, quand on s’aperçoit, en examinant des robinets étagés sur le réservoir, que la quantité d’air refoulé est suffisante.

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Chaque série de deux pompes est pourvue d'un petit appareil semblable.
L’air, refoule dans tous les appareils, est amené dans un tube a l’intérieur du réservoir. ll y acquiert une pression de 16 à 17 atmosphères, c’est-à-dire un peu supérieure a celle de l’eau dans la conduite générale.
Celle-ci est en communication directe avec les réservoirs d’air par des tuyaux passant sous la voûte, et venant s’assembler sur une tnbulure ménagée à chacun des petits réservoirs intermédiaires en tôle.
La prise d’eau par les pompes a été installée avec des précautions toutes particulières. Le bâtiment des pompes est placé en travers de la Seine. Entre chacune des six galeries, de 4m,50 de largeur, qui reçoivent les roues et leur vannage, on a ménagé, ainsi que vers les deux extrémités, huit canaux destinés à laisser arriver l’eau nécessaire à l’alimentation de toutes les pompes, lesquelles sont placées directement au-dessus. Leurs tuyaux d’aspiration y descendent par des ouvertures rectangulaires ménagées, à cet effet, dans l’épaisseur des voûtes.
Ces canaux, traversant le bâtiment d’outre en outre, laisseraient s’écouler un volume d’eau qui affaiblirait considérablement la chute s’ils n’étaient fermés en aval par une vanne qui maintient le niveau du liquide. En amont, il existe une vanne semblable, et devant celle-ci une grille, qui ne permet pas aux herbes ou autres matières étrangères charriées par le flenve, de pénétrer dans le canal de prise d’eau.

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Un mécanisme très facile à manoeuvrer, est appliqué à l’intérieur du bâtiment, pour manoeuvrer ces vannes. 11 se compose d’une vis et d’un écrou muni d’une roue à rochet à double encliquetage que l'on met en jeu a l’aide d’un levier. Ce double encliquetage avec arrêt en sens inverse, permet de maintenir la vanne à toutes hauteurs, soit qu’on veuille la soulever, soit qu’on veuille la faire descendre.
De la chambre des roues partent deux conduites de fonte,qui montent à découvert, appuyées sur le sol, jusqu’à l’aqueduc de Marly. Arrivées au pied de l’aqueduc, qui n’a pas moins de 6,200 mètres de long, les eaux s’élèvent verticalement dans la conduite jusqu’à son sommet, et le parcourent dans une cuvette en plomb placée sur son couronnement. Parvenue à l’extrémite de l’aqueduc, l'eau pénètre dans un tuyau placé sous terre, et qui, se recourbant en siphon, la conduit à Versailles, aux réservoirs des Deux-Portes.
L’aqueduc de Marly est sans doute très monumental, mais il est tout à fait superflu, au point de vue hydraulique. Il y aurait avantage à le supprimer et à établir une conduite qui irait de la chambre des roues motrices de la machine de Marly aux réservoirs de Versailles. On ne le conserve que par l'intérêt qu’il présente comme monument historique, comme rappelant, par son côté architectural, le siecle de Louis XIV ; mais au point de vue des services réels qu'il rend, comme conduite d’eau, l’aqueduc de Marly est plus nuisible qu’utile. Sans supprimer ce joli monument architectural, qni semble faire partie du paysage sur le coteaux de Marly, on pourrait le retirer du service actif et le remplacer par une conduite de fonte, facile à visiter, à entretenir et à réparer. Ce n’est peut-être pas l’avis des peintres ni des habitants du pays, mais c’est l’opinion des ingénieurs.

  

 

 

 

 

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19 avril 2011

Les bornes royales à fleur de Lys du Grand-Parc de Versailles

Sur certains de nos chemins restent encore de rares bornes gravées d’une couronne royale ou d'une fleur de lys. Elles permettaient de délimiter le réseau d’approvisionnement en eau du château de Versailles et d’identifier les infrastructures royales (parcelles) autour du Grand Parc de Versailles.

 

 

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Noisy le Roi

 

 

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Noisy le Roi

 

 

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 Etang la Ville 

 

 

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Borne

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 Toussus le Noble 

 

2 avril 2011

Aqueduc de Louveciennes

L'aqueduc de Louveciennes, parfois appelé aqueduc de Marly : construit entre 1681 et 1685 par Jules Hardouin-Mansart et Robert de Cotte pour amener aux réservoirs desservant les châteaux de Versailles et de Marly l'eau pompée dans la Seine par la machine de Marly située sur la commune de Bougival, au nord, en contrebas de Louveciennes. Il s'agit d'un canal tapissé de plomb de 640 mètres de long supporté par 36 arcades de 23 mètres de hauteur. L'eau montée de la Seine est acheminée dans la tour dite du Levant (classée Monument historique) puis, à l'extrémité sud de l'aqueduc, un siphon dans la tour dite du Jongleur, amène l'eau aux réservoirs de la Batterie à Marly.

L'Aqueduc de Louvecienne ou de Marly le Roi dans les années 1900 

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Les voutes des 36 arcades en plein cintre

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La Tour du Jongleur

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La Tour du Levant

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L'accès à la Tour

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L'entrée

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L'intérieur

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Une canalisation où circulait les eaux de la Seine

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Le plafond et sa trappe d'accès au sommet où s'écoulait les eaux dans un canal en plomb large d'un mètre avec couverure en dalles

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2 avril 2011

Aqueduc de Buc

L'aqueduc de Buc est construit sur ordre de Louis XIV afin d'alimenter les réservoirs flambant neufs du château de Versailles. Il mesure 580 mètres de longueur pour 21 mètres de hauteur et comporte 19 arcades. Pour pallier cette carence en eau, le roi ordonne initialement qu'on élabore une « machine » du type de celle de Marly, qui pomperait la Bièvre. Mais l'expérience est un échec, il décide alors la construction d'un grand pont qui enjambe la rivière pour aller chercher l'eau jusqu'aux étangs de Saclay et du Trou Salé (à Toussos-le-Noble). Le chantier dure deux ans, des fondations de plus de 20 mètres de profondeur sont ménagées, pour soutenir les arcades, qui sont prolongées de part et d'autre par un aqueduc souterrain.

 

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Eaux de Versailles - L'aqueduc de Buc. Elévation, plan et profil d'une des arcades. (1750-1790)

 

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2 avril 2011

Aqueduc de Maintenon

L'aqueduc de Maintenon est un ouvrage d'art inachevé franchissant la vallée de l'Eure. Il fait partie du canal même non initié par Louix XIV dans le but d'alimenter en eau le château de Versailles. Débutés en 1686, les travaux seront abandonnés en 1689 en raison de l'entrée en guerre. Aujourd'hui, on peut s'approcher de l'aqueduc au plus près en allant visiter le château de Maintenon et son parc de ''style'' à la française.

 

 

 

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Présentation du tracé de l'aqueduc depuis le captage des eaux dans l'Eure jusqu'au château de Versailles

 

 

 

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A proximité de la gare de Maintenon on découvre les vestiges de l'aqueduc

 

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Il se dégage une impréssion démesurée et colossale

 

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D'étonnement également !

 

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De remarquer qu'à certains endroits l'édifice s'écroule

 

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Voutes constituées de 4 rangées d'arches de briquettes

 

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Techniques de maçonneries

 

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Arches à la géométrie d'une arête 

 

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Quelques ressemblances aux cathédrâles

  

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Une visite s'impose au château de Maintenon situé à 5 minutes de la gare

 

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 La présence de l'eau est omniprésente et mise en scène

 

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 Au caractère défensif à l'origine avec ses poivrières, Madame de Maintenon apporta une touche de romantisme, de modernité et d'aristocratie

 

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Afin de découvrir l'aqueduc sous un angle différent depuis la cour intérieure du château

 

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La cour au décor théâtrale

 

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Vue sur le parc à la française et l'aqueduc

 

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Son bassin (miroir)

 

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Une large vue sur l'aqueduc se dégage

 

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Mise en scène de l'aqueduc et du bassin tel un miroir renvoyant les reflêts

 

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Ici le bassin devient canal

 

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Sous les voutes

 

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 Retour vers le château bordé de ses canaux

 

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Et de ses tours de différentes pierres 

 

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Le château de Maintenon et son miroir

 

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2 avril 2010

Introduction

« Cet ensemble hydraulique appelé La Rivière du Roi Soleil permettait de répondre aux besoins gigantesques des fontaines du Parc du Château de Versailles en fournissant jusqu’à 13000 mètres cubes d’eau par jour. Louvois puis Vauban sont à l’origine de cet aménagement. Une succession d’étangs furent créés et reliés entre eux, pour amener les eaux pluviales vers l’étang de St-Quentin. Les eaux stockées dans ces différents étangs se déversent dans le Grand Lit de Rivière, constitué de plusieurs aqueducs et rigoles pour rejoindre gravitairement le réservoir de Montbauron à Versailles. Cette Rivière Royale représente toujours aujourd’hui 11 étangs, 60 kilomètres de rigoles, 11 aqueducs souterrains et 8 millions de mètres cubes d’eau. Elle est matérialisée par des bornes en grès portant une fleur de lys gravée. Les aqueducs souterrains voûtés en plein cintre construits avec des moellons de meulière etde grès sont dans un état remarquable. »

1) Acquisitions et indemnisations des terres

2) Le bornarge du réseau d'eau

3) Les maladies

4) Etat actuel du réseau d'eau

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Aperçu des conduites, des rigoles, aqueducs et réservoirs de Versailles et des environs au XVIIème

Carte accessible sur le site des Archives Départementales des Yvelines

1) Acquisitions et indemnisations des terres

Le roi, afin de réaliser tous les réseaux de rigoles et d’aqueducs pour alimenter le château de Versailles doit acquérir des portions de terre. Un état d’arpentage sera fait et chaque propriétaire sera indemnisé par rapport à la quantité de terre acquise pour la réalisation des travaux.

Toutes ces acquisitions de terres par le roi seront indemnisées dans un mémoire sur l’état et l’estimation des terres et des prés occupés par les étangs du Pré Clos et du Trou Salé, de l’aqueduc et de la rigole de Toussus. Il nous indique les noms des propriétaires, leurs héritages (possessions) et les sommes qu’ils doivent recevoir. L’église de Toussus reçoit une indemnité de 75 livres 5 sols pour une pièce de terre de 38 perches. Mais bien souvent les propriétaires des terres acquises par le roi attendent longtemps leur indemnisation.

2) Le bornage du réseau d'eau

Malgré un édit de Louis XIV du mois de juillet 1693 qui le confirme dans la propriété des terres acquises pour la réalisation du réseau d’eau, des particuliers se croient autorisés à reprendre tout ou partie des terres occupées par les travaux pour les ensemencer et y faire des plantations car il n’y a qu’un bornage partiel qui puisse leur indiquer le terrain du roi d’avec le leur. Six cent soixante-dix bornes seulement avaient été posées pour fixer les limites et il en aurait fallu plus de trois mille pour que tous les angles en soient pourvus.

Les bornes à fleur de Lys

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Par la suite, un arrêt de Louis XV prévoit que les limites desdits terrains seraient marquées par des bornes de distance en distance et à tous les endroits qui seront nécessaires. Elles seront placées à tous les angles des terrains occupés par les ouvrages afin de les garantir contre la convoitise des riverains. Il n’en fut placé qu’un petit nombre à quelques ouvrages et les limites des autres demeuraient exposées à la cupidité d’un premier occupant. Louis XV est informé que, sous de faux prétextes, les riverains sont journellement sur ses terres et de contestations surviennent entre les fermiers et les particuliers pour la dépouille de leur fermage par le défaut de bornage. Le roi, en son conseil, ordonne que sur les ordres du marquis de Marigny, directeur général des bâtiments, il soit procédé par le sieur Matis, géographe-arpenteur, à une reconnaissance de tous les ouvrages qui ont été faits pendant les années 1680 à 1700 dans les plaines de Trappes et de Saclay et qu’il soit dressé un plan général des rigoles, des étangs et des aqueducs accompagné d’un procès verbal contenant les indications de toutes les acquisitions. Sa majesté ordonne que tous les particuliers qui occupent ses terres doivent se retirer et détruire les plantations, cultures ou autres et qu’ils ne pourront prétendre à aucun dédommagement à moins qu’ils ne soient pourvus de concessions ou donations.

Ces opérations de bornage ont été une organisation de grande étendue, entreprise à diverses époques et qui n’a jamais été terminée. De tous ces travaux qui ont cependant coûté  très cher, il ne reste plus grand chose malgré de nombreux plans (1726 par Matis, 1784 par Lasseigne ...).Les bornages s’effectuèrent de la fin du XVIIsiècle jusqu’à la fin du XIXsiècle. Un tableau nous donne le nombre de bornes et leur époque d’installation : les bornes anciennes de l’ancien régime à fleur de lis, les bornes des consuls après la Révolution, les bornes nouvelles et les bornes à couronne sous la Restauration. Pour l’étang du Trou Salé, il y a 11 bornes anciennes, 7 bornes des consuls, 20 bornes nouvelles soit au total 38 bornes et pour la rigole de Guyancourt, 98 bornes des consuls, 35 bornes nouvelles et 1 borne à couronne soit au total 134 bornes. Nous pouvons remarquer que le Trou Salé n’a aucune borne à couronne et que la rigole de Guyancourt, aucune borne ancienne ; et que sont devenues aujourd’hui toutes les bornes arrachées et disparues ?

3) Les maladies

Lors de grande sécheresse, des épidémies font leur apparition au XVIIème siècle à une question posée à monsieur le docteur Morère de Palaiseau qui exerce dans les villages environnant les étangs de Saclay et de Trou Salé concernant l’évaporation des étangs qui serait la cause éventuelle des maladies épidémiques ou endémiques, il répondit que, par le fait de la chaleur, les eaux se retirent et laissent à découvert un limon fangeux, produit de la décomposition de substances végétales et animales et que chaque année vers les mois d’août ou septembre, les villages, et surtout Saclay, voient des épidémies de fièvre typhoïde graves. La fièvre intermittente simple ou avec engorgement des viscères abdominaux y est endémique. Beaucoup d’habitants seront atteints de ces fièvres. Le hameau de Villedombe est tombé en ruine et au lieu de chercher à le reconstruire, les habitants sont allés porter leur domicile ailleurs. Les fièvres typhoïdes qui régnaient le plus souvent dans nos localités du fait des étangs entraînent des décès plus nombreux qu’ailleurs.

4) Etat actuel du réseau d'eau

Que reste-t-il de ce réseau de rigoles, d’étangs et d’aqueducs ? Le système fonctionnera jusqu’à la fin du XIXè siècle mais le coût élevé de l’entretien laisse ce réseau se dégrader jusqu’à nos jours. Malgré tout, le réseau hydraulique existe toujours même si les eaux ne vont plus à Versailles.

Du plateau supérieur de Rambouillet à l’étang de Saint-Quentin, il n’existe pratiquement aucun changement. Sur le plateau de Saclay, le réseau est coupé en certains endroits par les infrastructures routières ou urbaines. La rigole de Guyancourt est coupée en plusieurs endroits avant d’arriver à Toussus (l’aéroport est une de ces coupures), ensuite cette rigole est en bon état jusqu’aux étangs de Saclay. Avant 1950, ceux-ci recueillaient l’ensemble des eaux et repartaient vers Versailles par les aqueducs, aujourd’hui les eaux se sont inversées et ne vont plus à Versailles faute d’entretien, seuls les aqueducs de Saclay à Versailles ont gardé leurs pentes. À l’étang du Trou Salé, la chaussée existe toujours et supporte la RD 938 qui relie Buc à Toussus-le-Noble.

Quant à l’étang lui-même qui servit au début du XXe siècle à des essais d’hydravion par Farman, il a été asséché et comblé lors de la seconde guerre mondiale pour agrandir les pistes d’atterrissage. Les étangs de Saclay et d’Orsigny font partie de l’inventaire des zones naturelles d’intérêt écologique, floristique et faunistique. Ce réseau hydraulique constitue un patrimoine historique et architectural exceptionnel. Des projets de réhabilitation ambitieux sont prévus. Le programme réunit les communes, les départements, la région, l’Etat et diverses associations de sauvegarde pour assurer la réhabilitation des ouvrages, pour améliorer la qualité de l’eau, pour protéger le réseau et valoriser ce patrimoine pour le loisir et la promenade. Déjà vers Rambouillet, des chemins pédestres ont été créés ainsi que sur le trajet des eaux de l’ancienne machine de Marly.

Source : P.BESSAS - Bulletin N°3 - Année 1998 - voir le site http://ghtn.free.fr/bulletins.htm

 

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